L'Univers d'Aurora

Léa Avante

Enfance à Lumaria

Un court texte (environ 3 minutes de lecture) sur l'enfance de Léa à Lumaria, avant les événements du Tome 1.

Aussi loin que remontaient ses souvenirs, Léa avait toujours regardé plus loin que l'horizon.

Enfant, elle disparaissait des heures entières dans les collines qui entouraient Lumaria. Les adultes finissaient toujours par la retrouver au sommet d'un rocher, les jambes dans le vide, occupée à observer les montagnes qui barraient le ciel.

— Tu cherches quelque chose ? lui demandait souvent son père.

Elle secouait la tête.

— Non... j'essaie d'imaginer ce qu'il y a derrière.

Son père souriait.

— D'autres montagnes, probablement.

Mais cette réponse ne lui avait jamais suffi.

Pour elle, les montagnes n'étaient pas une frontière. Elles étaient une promesse.

Léa n'était pourtant pas une enfant solitaire. Les journées d'été se partageaient entre les jeux sur la place de Lumaria, les cabanes construites dans les bois et les expéditions improvisées dans les collines. Avec ses amis, elle transformait chaque sentier en aventure, chaque vieille pierre en vestige d'une civilisation oubliée et chaque ruisseau en rivière mystérieuse qu'il fallait absolument traverser.

Leur refuge préféré restait la vieille fontaine du village.

Lorsque la chaleur tombait, ils s'installaient autour du bassin, inventaient des histoires de royaumes disparus et imaginaient les exploits qu'ils accompliraient une fois devenus grands. Les promesses changeaient chaque semaine, mais une seule revenait toujours : un jour, ils iraient voir ce qui se cachait derrière les montagnes.

Un après-midi, Léa resta longtemps à observer les fissures qui parcouraient la pierre.

— Qu'est-ce que tu regardes ? demanda l'un de ses amis.

Elle passa doucement son doigt sur les lignes gravées par le temps.

— Je crois que ce n'est pas seulement de la pierre.

Les autres échangèrent un regard amusé.

— Ce sont des fissures.

Léa secoua la tête.

— Non... Personne n'a simplement encore compris comment les lire.

Les éclats de rire résonnèrent autour de la fontaine.

Elle riait avec eux.

Mais une fois rentrée chez elle, il lui arrivait de repenser à ces lignes mystérieuses. Une petite voix lui soufflait qu'elles cachaient peut-être un secret que personne n'avait encore découvert.

Lorsque les chemins devenaient plus escarpés, certains préféraient rebrousser chemin.

Léa continuait.

Non par imprudence, mais parce qu'elle éprouvait toujours le besoin de savoir ce qui se trouvait un peu plus loin.

Ses parents connaissaient cette curiosité mieux que quiconque. Ils faisaient parfois semblant de la gronder lorsqu'elle rentrait couverte de poussière après une nouvelle exploration, mais leurs sourires trahissaient leur soulagement autant que leur tendresse. Ils savaient qu'il serait impossible de retenir une enfant qui passait son temps à rêver d'horizons inconnus.

En grandissant, ses amis commencèrent à parler de l'avenir. Certains imaginaient reprendre le métier de leurs parents. D'autres rêvaient d'ouvrir un commerce, de construire une maison ou de fonder une famille à Lumaria.

Léa les écoutait avec affection.

Elle aimait profondément son village. Elle aimait ses parents. Elle aimait ses amis.

Pourtant, chaque fois que son regard se posait sur les montagnes, une même impression revenait.

Quelque chose existait au-delà.

Elle ignorait quoi.

Elle savait seulement qu'elle voulait le découvrir.

Les rares livres que possédait Lumaria nourrissaient encore davantage son imagination. Elle dévorait les récits de voyageurs, les légendes anciennes et les cartes incomplètes, persuadée que les plus belles histoires naissaient toujours là où les chemins s'arrêtaient.

Elle tenait également un petit carnet.

On y trouvait des dessins de paysages, des cartes inachevées, des listes de questions, des croquis de plantes étranges et des idées griffonnées au fil de ses promenades. Ce n'était pas le carnet d'une aventurière.

C'était celui d'une jeune fille qui refusait de croire que le monde pouvait être entièrement connu.

À quinze ans, Léa était heureuse.

Elle ne savait pas encore que les plus grands bouleversements commencent souvent au cœur des existences les plus paisibles.

Elle ignorait que le destin avait déjà commencé à écrire une autre histoire.

David Desquiens

David Desquiens

2 août 2026

Découvrir le Tome 1